Vigie-flore : Bilan 2010
La participation en 2010
Fig. 1 : Répartition régionale des mailles inventoriées en 2010
Espèces observées
1392 espèces (appartenant à 564 genres et 143 familles) entre 2009 et 2010.
Les astéracées (ex composées) et les apiacées (ex ombellifères) sont les familles posant le plus de problèmes d’identification (espèces « douteuses » ou identification au genre ou à la famille). Le tout représente 8% des taxons relevés.
Espèces les plus communes (nombre d’observations en 2009 et 2010).
| Espèces observées | Nombre d'observations |
| Lolium perenne | 322 |
| Galium aparine | 282 |
| Convolvulus arvensis | 271 |
| Hedera helix | 268 |
| Polygonum aviculare | 231 |
| Dactylis glomerata | 224 |
| Rubus fruticosus | 215 |
| Plantago lanceolata | 210 |
| Trifolium repens | 191 |
| Fallopia convolvulus | 176 |
| Geranium dissectum | 167 |
| Fraxinus excelsior | 149 |
| Anagallis arvensis | 139 |
| Crataegus monogyna | 137 |
| Holcus lanatus | 137 |
| Chenopodium album | 132 |
| Quercus robur | 131 |
| Viola arvensis | 127 |
| Daucus carota | 126 |
D’une année sur l’autre, cette liste est peu modifiée, mais l’ordre des espèces change. En 2009, les espèces les plus observées étaient le plantain lancéolé, le trèfle blanc et le dactyle aggloméré.
Variation dans l’espace : répartition des nombres d’espèces
Les régions du sud de la France sont en moyenne plus riches en espèces :
Une vingtaine d’espèces par placette en Aquitaine ou Midi-Pyrénées contre moins de 10 en Normandie, Pays de la Loire, Bourgogne, Auvergne ou Franche Comté.
Nous nous intéressons aux origines de ces différences :
Faiblesse de l’échantillonnage dans certaines régions ?
-
Effet des activités humaines, plus intensives au nord qu’au sud ?
Le nombre d’espèces est en effet lié au taux d’artificialisation des mailles : moins d’espèces en moyenne dans les mailles très urbaines ou très agricoles que dans les mailles où les milieux naturels sont prépondérants (~10 vs. ~15 espèces par placette).
Rôle de la composition des paysages ?
Le nombre d’espèces dépend aussi de la diversité des habitats dans le paysage, avec plus d’espèces par placette en moyenne dans les mailles où le paysage est le plus diversifié.
Fig. 2 : Répartition régionale des mailles inventoriées en 2010
Nous essayons également de comprendre la signification et les conséquences de ces différences : un plus grand nombre d’espèces n’est pas toujours signe de communautés végétales en bonne santé !
Variations dans le temps : changements d’abondance d’une année sur l’autre
Avec deux années de données, nous pouvons commencer à étudier les variations temporelles de l’abondance des espèces
L’abondance des espèces pérennes (arbres notamment) change peu entre 2009 et 2010.
Bonne nouvelle : cela signifie que les placettes sont en général bien repositionnées !
En revanche, l’abondance des espèces annuelles est très variable Une autre bonne nouvelle : nous pouvons détecter des changements dans le temps !
Quelques exemples d’espèces dont l’abondance a changé entre 2009 et 2010
Sur deux années seulement, ces changements d’abondance sont bien sûr probablement dus à la phénologie des espèces. Il faudra encore plusieurs années de récolte des données pour savoir si ces espèces sont en expansion ou en raréfaction.
Des travaux sont en cours pour déterminer combien d’années et combien de mailles seront nécessaires pour détecter ces variations d’abondance.
> Pour des espèces fréquentes (observées dans au moins 100 mailles), cinq ans devraient suffire pour détecter des variations d’abondance de 5 à 10%.
> Pour des espèces plus rares (présentes dans 40 mailles), il faudra de l’ordre de 10 ans de suivi pour détecter les changements.
Ce compte rendu est un bilan de l’année 2010. Il a été présenté sous forme d’exposés à l’occasion de la « journée des vigie-floristes » qui s’est tenue à Paris le 27 novembre 2010 au Jardin des Plantes et à laquelle une quarantaine de nos correspondants ont assisté.
Nous remercions vivement tous nos correspondants bénévoles qui prennent sur leur temps de loisir pour faire des inventaires dans des conditions parfois difficiles et qui font le maximum pour nous envoyer des données de qualité.
Nous remercions les ANR BLUE et QDIV qui ont participé financièrement à la mise en œuvre de ce projet.