Protocole Vigie-flore : Introduction

Pourquoi s’intéresser à la flore commune ?

matricaire Les plantes occupent une place essentielle au sein des écosystèmes, elles sont à la base des réseaux trophiques et constituent l’habitat de nombreuses espèces animales. Elles constituent souvent d’excellents indicateurs de l’état général des milieux naturels. Dans un contexte d’érosion de la biodiversité, il apparaît donc primordial de suivre la flore et ses changements. Au cours des dernières années, diverses actions ont été entreprises par les Conservatoires Botaniques Nationaux pour recenser et suivre la flore de France : inventaires floristiques, cartographie des habitats naturels. L’ensemble de ces actions permet d’ores et déjà de disposer d’outils pour connaître et suivre la répartition et la distribution de la plupart des espèces ou l’état de conservation des plantes rares et de leurs habitats.


Un outil supplémentaire demande aujourd’hui à être exploré : le suivi des espèces de plantes communes. L’importance des espèces banales est souvent sous-estimée tant par la communauté scientifique que par le grand public. Un nombre croissant de programmes, à l’étranger (Common Plant Survey au Royaume-uni), ou sur d’autres groupes taxonomiques (Suivi Temporel des Oiseaux Communs en France), semblent pourtant montrer le rôle potentiel de ces espèces comme indicateurs des changements environnementaux.

Objectifs :


Le but de l’observatoire est de suivre l’évolution temporelle des principales espèces de plantes communes de France. À terme, cet outil pourrait aider à analyser l’impact de différents facteurs sur cette flore, et à répondre à plusieurs questions :

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• Quel est l’état de notre flore commune, quelles espèces augmentent en fréquence ou au contraire tendent à diminuer ?

• Comment la flore commune réagit-elle aux différentes pressions d’origine humaine, (fragmentation croissante des milieux, intensification ou déprise agricole, urbanisation) ?

• Quel est l’impact des changements climatiques sur ces espèces ?

• Notre flore commune est-elle sujette à une homogénéisation croissante, comme cela a déjà été observé chez d’autres groupes (Oiseaux, Lépidoptères), autrement dit un déclin général des espèces spécialistes au profit de quelques espèces généralistes ?

La méthode adoptée ne visera pas à mettre en place un suivi exhaustif de l’ensemble de la flore du territoire, elle sera complémentaire d’autres actions déjà en place tels que les inventaires floristiques menés par les Conservatoires Botaniques Nationaux.
La collecte de données utilisables sur les espèces communes nécessite la mise en place de suivis à large échelle et à long terme, ce qui requiert la participation d’un maximum d’observateurs utilisant un même protocole.


Principe du protocole


1. Une maille d’un kilomètre carré, échantillonnée selon un dispositif systématique, est attribuée à chaque observateur.

L’échantillonnage systématique va conditionner la qualité du suivi. Il permet d’avoir des données représentatives du territoire, et de pouvoir les extrapoler aux secteurs non échantillonnés. Un choix des mailles par l’observateur pourrait conduire à réaliser les suivis dans des secteurs choisis pour leur intérêt botanique et ainsi donner une image biaisée de l’état de la flore commune et de son évolution. Afin de concilier impératifs statistiques et facilités de travail, les volontaires pourront choisir les mailles les plus proches de chez eux.

2. Le but est alors de localiser le plus précisément possible de 4 à 8 placettes, indiquées sur une carte remise à l’observateur.

La contrainte dans le choix des sites à inventorier, qui équivaut à un tirage au sort, tient, là encore, à des raisons d’ordre statistique. Il est indispensable que des inventaires soient réalisés de la sorte, afin de pouvoir suivre les variations de fréquence des espèces communes à large échelle.

3. Dans chacune de ces placettes, 10 quadrats permanents de 1m2 sont mis en place
sur lesquelles un inventaire le plus exhaustif possible est effectué


Le protocole privilégie une multitude de petits quadrats plutôt qu’une seule zone d’inventaire plus grande afin de récolter des informations sur la fréquence des espèces rencontrées, la fréquence d’une espèce étant estimée comme le nombre de relevés dans laquelle elle est observée.